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9 mars 2012

Moulinex : non lieu-général pour les ex-dirigeants

La chambre de l'instruction de la Cour d'Appel de Versailles met un terme aux poursuites engagées contre le dernier PDG.

Onze ans après la chute du groupe d'electro-ménager, l'enquête judiciaire se termine en queue de poisson. La justice vient d'annuler les renvois en correctionnel de l'ancien PDG Patrick Puy, de l'ancienne directrice de la trésorerie Valérie Piegts et d'un ancien directeur financier de Brandt, qui étaient soupçonnés de malversations fuinancières.

En janvier 2011, Patrick Puy avait été renvoyé devant le tribunal correctionnel pour "abus de biens sociaux" et "présentation de faux bilan". (lire ici l'article de l'Expansion). Véronique Piegts était quant à elle poursuivie pour "complicité d'abus de biens sociaux". En revanche, la justice avait accordé un non-lieu à l'avant dernier PDG, Pierre Blayau, parti en 2000 avec une indemnité de 9 millions de francs.

Le juge d'instruction soupçonnait Patrick Puy d'avoir puisé quelques 83 millions d'euros dans les caisses de Brandt en faveur de la société Moulinex, ce qui justifiait à ses yeux la tenue d'un procès. Mais le parquet avauit fait appel du renvoi devant le tribunal. Et ce vendredi 9 mars 2012, la chambre de l'instruction de la Cour d'Appel de Versailles a infirmé l'ordonnance du juge, sans en préciser la raison indique l'Agence France-Presse.

Le procès des anciens dirigeants de Moulinex tant attendu par les représentants du personnel n'aura donc sans doute jamais lieu. En janvier 2011, Thierry Le Paon, l'ancien délégué CGT estimait que ce renvoi en correctionnel était une bonne nouvelle, tout en déplorant que les banques n'aient pas été inquiétées par la justice.

Moulinex a déposé le bilan le 7 septembre 2001, à peine un an après avoir fusionné avec Brandt. Seb a bien repris une partie des activités. Mais le naufrage du fleuron normand de l'electro-ménager s'est soldé par 3300 licenciements, dont une bonne part dans l'Orne et dans le Calvados.

Pierre-Marie Puaud
29 novembre 2011

La Nuit des Rapaces 2011

Plus de mille personnes rassemblées pour huer les parrains du capitalisme, on s’est dit : « Bon, les journaux vont en parler. » Mais non. Une semaine s’est écoulée, et rien. Pas un mini-papier. Pas une ligne nulle part. Donc, bon, il faut bien qu’on se charge de saluer notre propre triomphe…


« Ouh ! Ouh ! Ouh ! »


C’est bien difficile de les départager, nos douze Gens Pires, livrés à la vindicte populaire lors de notre Nuit des Rapaces. Plus de mille personnes (« 1 035 », très précisément, d’après le gardien, plus deux cents refoulés à l’entrée – de peur que la salle Olympe de Gouges ne devienne aussi célèbre que le stade du Heysel)) huent tour à tour les Michel Pébereau, Mario Draghi, Bernard Arnault, Jeffrey Smith, Maurice Lévy, Michel Destot, Manuel Barroso, Marc Ladreit de Lacharrière…


Jusqu’au verdict : « Pour chacun de ces personnages, nous avons mesuré le taux de mécontentement en décibels, résume Antoine Chao – l’huissier en charge du ouhouhmètre. Rassurez-vous, tous dépassent le seuil de tolérance. Mais il y en a trois qui, d’après mes chiffres, sont dans un mouchoir de poche. Il s’agit de Carlos Ghosn, de Laurence Parisot, et d’Arnaud Lagardère. Comme avec la machine il y a une marge d’erreur, je vais vous demander de revoter… »

Les rangs bondés ne demandent pas mieux : « Ouuuuuuuuuh ! » Manifestement, c’est Laurence Parisot qui est la plus haïe : pour une fois qu’une femme remporte une élection en France !


C’est Gérard Filoche qui a choisi la patronne des patrons. C’est donc lui qui monte sur le podium pour recevoir le trophée – un vautour à haut de forme et cigare dans le bec, cerné par des billets de Monopoly. L’inspecteur du travail la range dans sa valise à roulettes. « C’est de l’ironie, quand même, je lance au micro : on est poursuivis par Jean-Charles Naouri, un ancien directeur de cabinet PS, et voilà que c’est le représentant du PS, aujourd’hui, qui rafle le prix… » C’est un cadeau empoisonné, en même temps : le vainqueur vient de signer un engagement, il est condamné à aller remettre cette coupe, en mains propres, à sa rapace préférée...



9 novembre 2010

Fresque pour APICmx

APIC Mx c’est…
10 années de SOLIDARITE
10 années de RESISTANCE


Le 27/09/2010 nous avons inauguré la fresque réalisée par Théo, Pierre et Alex rappelant notre histoire faite d’hommes et de femmes.
Le même jour, la mairie de Cormelles le Royal mettait en place son « monument aux morts », une sculpture de métal avec des pleins , des vides, des creux, des reliefs et cinq ou six moulins à légumes… où sont les hommes et les femmes ?... Absents, tout simplement !
C’est d’ailleurs la suite logique de l’attitude de la mairie depuis la fermeture en 2001 :
  • Aucun soutien
  • Refus de laisser les locaux à l’association
Après les Banques, les anciens dirigeants, la mairie, elle aussi, souhaite nous voir disparaître…

Montage vidéo réalisé lors de la création de la fresque montre et rappellera à chacun notre histoire.
Histoire qui continuera…

8 novembre 2010

Écoute le silence de mon licenciement…

« Écoute le silence / De mon licenciement… » Dans son nouveau titre, La Machine, le groupe de hip-hop angevin Nouvel R décrit le désarroi d’un ouvrier licencié, victime des délocalisations.

À l’appui du texte, défilent les visages d’anciens salariés de Moulinex. Guy, 57 ans, 30 ans de boîte ; Huguette, 57 ans, 27 ans de boîte ; Jocelyne, 58 ans, 32 ans de boîte… Des visages attentifs, stressés, fatigués.

« Ils nous ont confié leurs galères »

Ce sont deux frères originaires de La Roche-sur-Yon, Maxime et Valentin Arrivé, qui ont réalisé ce clip pour la Société des Films du Réel. Ils ont passé une journée avec les ex-Moulinex, qui se retrouvent chaque jeudi au sein de leur association APIC Mx à Cormelles-le-Royal, dans la banlieue de Caen. « Cette rencontre nous a retournés, raconte Valentin. Ils nous ont confié leurs galères. Ces souffrances, on les perçoit. Sur les visages. Dans les yeux. » Elles ont enfanté l’esprit du clip, un film en noir et blanc, épuré.

Tourné avec un appareil photo, poussant les contrastes, le clip puise sa force dans la réalité. L’essentiel des plans a été tourné lorsque les ex-Moulinex découvrent le morceau. « On ne voulait pas scénariser, mais se rapprocher du documentaire. »

Des vies bouleversées

Le morceau décrit les vies bouleversées, les projets interrompus, le quotidien incertain. « Il va falloir serrer les coudes / Tout comme la ceinture, fils/Oublie le scoot / La façade s’passera de peinture. » Un rap qui a parlé à toutes les générations. « On voulait donner de l’humanité à des chiffres. »

Chez Moulinex, 3 250 personnes ont perdu leur travail, dont 2 000 dans le Calvados. À ce jour, seulement 812 ont retrouvé un boulot.

Ouest France / Jean-Marcel BOUDARD
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